Les Hautes Lumières
Le Minimistan et le Studio Spiral s’unissent pour créer les Hautes Lumières, un espace unique dédié à l’art photographique, au cœur du centre-ville de Grenoble. Ce lieu d’exposition, situé au 1er étage du Minimistan, ancien couvent de la rue des Minimes, se divise en deux espaces :
Le premier espace est consacré à la photographie contemporaine, reprenant l’esprit du Studio Spiral, situé rue Chenoise. Il accueille des expositions temporaires d’une durée de 6 à 8 semaines, mettant en lumière des artistes reconnus et des œuvres sensibles.
Le second espace propose un accès privilégié à un fond photographique exceptionnel, celui de la famille Tairraz, photographes historiques de Chamonix depuis 1860. Des expositions régulières autour de ce patrimoine d’images rares et précieuses sont programmées, offrant ainsi une immersion dans l’histoire de la photographie alpine.
Cet espace d’exposition s’inscrit dans le projet du Minimistan et est le fruit d’une collaboration entre Benoît Capponi, photographe grenoblois renommé et fondateur du Studio Spiral, et Marie Pesenti, cofondatrice du Minimistan. Leurs expertises complémentaires dans le domaine de la photographie, ainsi que leur passion commune pour cet art, garantissent une programmation originale et de grande qualité.
Les expos
Soleil d'hiver
Une odyssée artistique pour réparer une mémoire
Par Grégory DARGENT
Du 10 mars au 24 avril 2026
Vernissage le mardi 10 mars 2026 à 18h
Concert projection au Théâtre Ste Marie d’en Bas le mercredi 25 mars à 18h30.
Un accueil co-organisé par le Minimistan, les Détours de Babel et Emulsion/Le Studio Spiral.
Grégory Dargent est un joueur joueur de oud, compositeur et photographe.
Après vingt-cinq ans de créations multiples et un premier livre photo intitulé H il se lance dans l’aventure la plus intime de son parcours : Soleil d’Hiver.
Ce projet est né d’une phrase prononcée par son père, le jour de l’enterrement de sa mère. « Je me souviens… j’avais 12 ans. J’ai vu Alger s’éloigner pour ne jamais y revenir. » Il n’avait jamais entendu ce récit. En une seconde, il a compris qu’il n’avait pas seulement hérité de ses souvenirs familiaux, mais d’un manque, d’un vide, d’une nostalgie qui ne disait pas son nom.
Une nostalgie que l’on ne choisit pas, mais qui nous façonne.
Le vide d’un père qui a trop peu parlé.
Le vide d’une enfance quittée sur le pont d’un bateau en 1961, face à Alger qui s’éloigne.
Le vide d’une mère disparue un matin d’hiver, laissant derrière elle un fils devenu, malgré lui, le traducteur d’une histoire familiale en sourdine.
Soleil d’Hiver cherche à réparer une mémoire, à interroger ce que l’on transmet malgré soi, à comprendre comment l’art peut transformer le manque en geste, la perte en lumière. Après des années à voyager dans les pays du monde arabe, il a compris que ses images n’étaient pas seulement des paysages, des visages ou des traces.
Elles tentaient de combler un vide.
Et au milieu de ces silences, un musicien et photographe, Grégory Dargent, qui comprend soudain que ses voyages dans le monde arabe, ses images trouées, ses sons rugueux, ses mélodies éclatées… ne parlaient pas seulement des pays qu’il traversait.
Elles parlaient d’un héritage invisible. D’un exil transmis sans mots.
Soleil d’Hiver pose une question simple et vertigineuse :
Quelles images produit-on lorsqu’on cherche une terre que l’on ne connaît pas, mais dont le manque est inscrit en nous ?
À travers ses voyages, ses images se sont transformées : paysages troués, silhouettes fantômes, corps effacés par l’acide, mers sans horizon, chambres vides, architectures meurtries. Elles nous projettent sur un ferry en direction d’Alger, dans les cités des morts du Caire, au coeur des ruelles du Proche-Orient, dans la solitude d’une chambre ou d’un désert. Chaque visage y devient fantôme.
Chaque paysage, un souvenir qui affleure.
Le monde arabe n’y est pas un décor. Il est le miroir déformé d’une mémoire familiale qu’il tente de comprendre.
Retrouvez le travail de Grégory Dargent : https://www.gregory-dargent.com/
"TAIRRAZ"
Le regard Tairraz, quatre générations de photographes de montagne. Pendant plus de 100 ans, les Tairraz sont photographes du Mont-Blanc. L’exposition que nous vous proposons retrace, au travers de leurs objectifs, leur sentiment de la montagne. Un instant pour s’évader vers les plus beaux sommets grâce au regard fin et lumineux de ces quatre photographes de talent. Les Tairraz aiment la montagne, univers de lignes et de contrastes sculpté par la lumière, dont la révélation deviendra de génération en génération plus épurée, plus abstraite.
"AUX OMBRES"
par Simon Vansteenwinckel
Du 28 avril au 28 juin 2026
Exposition aux Hautes Lumières, Minimistan
Vernissage mardi 28 avril à 18h, en présence de l’artiste.
Chaque année, en décembre, dans le Dakota du Nord et du Sud, des membres des tribus Lakotas (Sioux), se rassemblent pour réaliser une chevauchée à cheval de 450 km, pendant 15 jours, sous des températures pouvant descendre jusqu’à -20°C. Ils suivent les traces de la tribu du chef Big Foot, dont les 300 membres, principalement des femmes et des enfants, furent massacrés à Wounded Knee le 29 décembre 1890.
À l’heure actuelle, les Lakotas vivent au sein de réserves dans des conditions plus que précaires, maintenus en dépendance par le gouvernement américain. Parqués sur un territoire ingrat au beau milieu d’une des plus grosses puissances mondiales, leur niveau de vie est comparable à celui du tiers-monde. Violence, drogue, alcool, chômage, l’espérance de vie des hommes dans les réserves est de 45 ans. En 2024, certaines familles n’ont toujours pas de sanitaires ni d’accès à l’eau courante.
Et c’est exactement ce que les médias internationaux montrent habituellement des réserves indiennes aux États-Unis, une caricature de la pauvreté. Alors que leur pouvoir de résilience est immense, la puissance de leur spiritualité intacte, et leur fierté invaincue ; un peuple qui a subi les pires abominations de l’histoire mais qui continue à vivre et aller de l’avant, solidaire et fort.
C’est ce que cette série tente de montrer par le biais de cette chevauchée (Omaka Tokatakiya / Future Generations Ride) où, pendant deux semaines, les anciens s’occupent des jeunes, les sortent de leur quotidien, leur apprennent à monter à cheval, à être bienveillants envers eux, mais leur font également côtoyer l’âme et l’histoire de leur nation. Comme ils disent, ce n’est pas une promenade mais une chevauchée spirituelle.
Intégré à l’exposition, vous profiterez du film photographique réalisé avec les images de Simon Vansteenwinckel, sur une musique originale de Grégory Dargent et Fred D. Oberland.
Aux Ombres a été publié aux éditions La Main donne en octobre 2025.
Le livre est lauréat du prix Nadar/gens d’images 2025.
https://www.simonvansteenwinckel.com/
https://www.lamaindonne.fr/produit/aux-ombres/
Informations pratiques
L’espace d’exposition est ouvert de 8h à 18h en semaine. Il y a également des permanences ponctuelles de photographes les samedis.
L’accès aux Hautes Lumières est gratuit et est accessible via les escaliers à gauche de la Cantine du Minimistan. Accès PMR via ascenseur.