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Vernissage « Azzopardi ou la mécanique des classes »

3 juillet 2025 à 18h00 - 19h00

Les Hautes Lumières

Exposition de Léa Pignard

Du 3 juillet au 5 septembre 2025

Vernissage jeudi 3 juillet à 18h.

Azzopardi ou la mécanique des classes

https://www.instagram.com/lea_pignard/

Léa Pignard est une jeune photographe tout juste diplômée de l’ETPA de Toulouse. Après des études en science politique, sociologie et philosophie, elle trouve dans la photographie un prolongement visuel à ses questionnements sur les rapports de pouvoir, les constructions idéologiques et les récits collectifs.

Son travail se situe à l’intersection de l’enquête sociale et de la photographie documentaire, avec une attention particulière portée aux tensions idéologiques, aux fractures sociales, aux dynamiques de genre et aux contradictions qui traversent les récits contemporains. Elle s’intéresse également actuellement au travail de la mémoire, notamment à travers une fiction documentaire en cours sur la guerre civile espagnole et l’exil.

 

« Je marche dans Fontaine, petite ville voisine de Grenoble.

Je marche dans Fontaine à la recherche de quelque chose à photographier. Ne s’enchainent que des immeubles gris et des HLM, des commerces de proximité et des abribus. Dans la rue Jean Pain, il y a bien un garage qui me fait de l’oeil. Je passe souvent devant, et je me dis que j’aimerais m’y attarder. Toujours du monde, du bruit, de l’huile, et de grandes fenêtres de part et d’autre du bâtiment qui laissent passer une lumière horizontale mais diffuse.

Ce jour-là, je passe et j’entends « ohé la p’tite, elle nous prendrait pas en photo ? ». Patrick se tient là, devant moi, avec son ventre rond, ses rides et ses mains gris suie, un pneu dans chacune.

J’en prends une, et pendant deux ans j’y reviens. Lorsque je rentre dans le garage pour la première fois, c’est tout un monde qui se déploie devant moi. Le garage Azzopardi est aux antipodes des espaces que je fréquente. Les propos sont crus, parfois douteux. Ce qui se joue, dans cette rencontre, c’est la confrontation de deux milieux qui ne dialoguent pas, empreints de valeurs diamétralement opposées.

Pourtant le garage Azzopardi n’est pas qu’un lieu où l’on change des pneus et des filtres à air. C’est aussi un lieu de sociabilité, un point de retrouvailles hebdomadaire de plein d’habitués, voisins, voisines, qui viennent boire un café ou filer un coup de main en temps de grosse affluence de client.e.s. C’est un espace de solidarité, de confidences, où l’on parle de soi, des autres, de ses problèmes, de la politique. Je me faufile dans cet univers avec fascination et méfiance, entre. intégration et isolement. Constat béant de la différence.

Chez Azzopardi se monte et démonte la mécanique des classes. »

 

« Le garage est l’espace central de tout un microcosme, d’un espace social régi par des règles qui ne sont pas les miennes. J’y reviens parce que l’on m’y autorise, et que je me plie à ces normes implicites. Je ne dis pas d’où je viens, ni pour qui je vote – on ne me le demande pas d’ailleurs. Alors que je persiste à tout analyser, comprendre, expliquer (le propos raciste, le propos sexiste), eux m’acceptent comme je suis. Et peut-être alors que la personne la plus violente, c’est moi ? » (Mars 2025)

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